Une restauration ? c’est long…. et voici pourquoi…. Episode #3

Lorsqu’on entame une restauration à l’Atelier, on sait que l’on part bien souvent dans un travail de longue voire très longue haleine.

Le démontage/remontage d’un cyclo peut sembler facile au premier abord, mais c’est loin d’être le cas et chaque cyclo, du plus rare au plus banal, réserve toujours son lot de surprises, bonnes mais souvent mauvaises….

Ces aléas doivent être gérés les uns après les autres, il faut trouver des idées, des solutions pour que le travail final soit le plus correct possible et que le cyclo reprenne la route pour de longues années.

Bref, vous l’avez compris, vite et bien vont rarement ensemble. 🙂

Après le premier travail de démontage, de recensement des pièces manquantes ou HS, on doit mener plusieurs chantiers à la fois : nettoyage, décapage, sablage, peinture, chromage, zingage, recherche et fabrication des pièces manquantes pré-recensées.

Durant ces étapes, il arrive assez souvent de faire face à certaines difficultés  : pièces à retravailler en carrosserie, visserie trop attaquée pour ressortir correctement d’un zingage donc à récréer, pièces trop rouillées pour être repeintes, chromes très attaqués etc etc…

A cela se rajoute les possibles “ratés” de ces étapes : zingage terne, loupés sur certaines pièces en peinture et j’en passe….

Au bout de quelques semaines ou mois, on arrive cependant à tout regrouper et on se retrouve devant plusieurs caisses : cadre repeint, visserie, pièces chromées, pièces à traiter au fur et à mesure du remontage, accessoires divers.

Et le travail de remontage commence…

Rappelez vous… cette AV3 est arrivée à l’Atelier comme cela :

Le démontage, opération assez rapide où tout est rangé par thème dans des caisses :

le moteur…

la zinguerie…

les chromes…

le cadre…

Petit à petit tous ces éléments sont traités et  refaits “à neufs”.

En même temps, chaque pièce est soigneusement répertoriée (il faut bien savoir où chaque élément se place !!), cela facilite le remontage.

…puis tout est soigneusement emballé pour ne pas risquer de casse avant l’assemblage final.

Quand tout semble “correct” et “complet”, on commence le remontage et, au fur et à mesure, on résout les problèmes qui se posent.

On commence par “habiller” le cadre en partant de là :

(Avouez que la nouvelle teinte  gris nuit est plus conforme que le vert de la première photo :). )

Sur ces bases, on commence le travail de traçage et de réalisation des filets s’ils existaient à l’origine… travail long, fastidieux et difficile selon le type de machine.

Sur cette AV3, les filets sont nombreux et “tortueux”, le travail n”est donc pas aisé : filets sur le cadre, les garde boues avant et arrière, les caches latéraux et le réservoir.

Les filets terminés, on pose les “décalcomanies” puis, quand tout est bien sec (une bonne semaine), on vernit le tout pour protéger ces éléments de décoration des petites agressions, des huiles et autres hydrocarbures.`

Ensuite  vient la pose de la fourche et du guidon, histoire d’avoir un squelette de montage

Lorsque tout est repeint et rechromé, il faut retravailler toutes les pièces pour que tout s’emboite proprement car les couches de peintures et de chrome sont assez épaisses… du travail minutieux à chaque fois.

Pour les chromes, on essaye aussi de récupérer les inscriptions d’origine : ici : MOBYLETTE.

Il faut donc savoir polir sans détruire, doser ce qu’il faut enlever en “rouille” sans dénaturer la pièce d’origine.

Pose du guidon :

On s’attaque ensuite au pédalier avec le même travail d’assemblage et d’ajustage :

Ces “gaulois” rechromés ont, je trouve, un look terrible !

A ce stade, on peut “pendre” la partie cycle, c’est plus facile pour travailler tout autour.

Repose des garde boues… là aussi il faut savoir innover. Ainsi la pièce “silentbloc” entre le garde boue et la fourche a été refaite avec une imprimante 3D

C’est toujours sympa de mélanger modernité et origine.

Gardes boues en place, on s’attaque au “poste de pilotage”

La poignée de gaz et de décompression constitué de 6 pièces rechromées,

La poignée neuve débouchante et le levier de frein, microbillé, poli et verni.

Idem pour l’autre côté

La pose des freins avant puis arrière

ici aussi priorité à l’origine et à la préservation des “inscriptions”

Et puis les premier tests du système :

Pose du réservoir

Du porte bagage

Reconstitution du phare avant  (non conforme sur le modèle de départ) en reprenant exemple sur le modèle d’origine :

sa “parabole”, issue d’un ancien vélo,

et son capotage style “art déco” en NOS

Idem pour l’arrière  et à chaque fois, microbillage, polissage et vernissage

A chaque fois, l’intégralité de la visserie ou presque a été refaite car l’ancienne était vraiment trop attaquée.

Quand la rouille fait trop de dégâts sur une visserie, il est impossible d’avoir des filets avec une accroche correct pour serrer, il faut donc… la refaire.

Remontage de la structure de selle : 15 pièces en tout……. peintes, chromées ou zinguées selon…

Et premier “essai” sur cadre

et les “Sandows” avant le couvre selle

Reconstruction des roues….

on part de là : une jante neuve, des rayons neufs et un moyeu rechromé

pour arriver à cela

idem à l’avant…..

Et on monte les pneus

En attendant la réception de  certaines pièces que l’on ne pouvait commander qu’à ce stade, on peaufine les détails comme la réfection de la pompe ou autre “accessoire”.

et on anticipe la partie “moteur”.

Ainsi les dents d’entrainement de la poulie étaient HS : notez la courbure !!

et si on trouve encore certaines de ces pièces, le diamètre interne n’est pas identique :

il faut donc baguer la nouvelle pièce pour que l’adaptation soit parfaite

le tour est joué…

Vous l’avez compris, tout cela demande du temps et c’est la raison pour laquelle je vous remercie de votre compréhension et surtout de votre confiance.

L’Atelier n’a qu’un souhait : proposer à ses clients la meilleure prestation possible pour  leur cyclo.

A suivre …..

2 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Après avoir restauré et remonté partie cycle et moteur, il reste plein de petites finitions à peaufiner…. c’est le détail qui tue et surtout la “marque” de fabrique de l’Atelier de la Vigne… Chez nous

Quand  Patrick  est passé nous apporter son Solex, celui-ci était bien….. cuit 🙂 Mission donnée à l’Atelier : le remonter entièrement en le restaurant mais en utilisant le plus possible d’éléments d’